Je travaille dans l’évaluation des médicaments avant leur mise sur le marché. Késako ?

J’ai eu mon diplôme vers les années 2000 et j’ai commencé par du cabinet en petits animaux sous forme de remplacements et salariat pendant à peu près 3 ans.

Pendant cette période et suite à de nombreuses VDMs (clients malpolis, amaguiz, etc, patrons malhonnêtes), j’ai décidé de me réorienter. 

Ce ne fut pas un processus facile car d’une part on n’est pas du tout informé sur les possibilités de métier et donc ma reconversion a été un peu faite par « essais-erreurs »…j’ai ainsi commencé à travailler dans un laboratoire d’analyses où bien que n’ayant aucune expérience, j’ai dû gérer une équipe de techniciens. 

Ensuite j’ai intégré le milieu des affaires règlementaires dans le domaine des médicaments. J’ai fait beaucoup de choses : vaccins vétérinaires, humains, et pharmaceutique humain pur et dur (ce qu’on appelle « small molecules »).

À présent je travaille en tant qu’évaluateur de dossiers de demande de mise sur le marché et de demande d’essais cliniques pour médicaments à usage humain dans une agence (gérée par l’Etat donc plus dans le privé). Il y a pas mal de vétérinaires dans cette agence à des postes variés. 

Journée type : je dirais de 8 à 17h, lire et faire un résumé des caractéristiques scientifiques de dossiers, faire une analyse critique de ces données, faire une analyse bénéfices/risques et donner une opinion. Pour nous aider, il y a de nombreuses guidances qui sont disponibles sur internet sur le site de l’agence européenne du médicament https://www.ema.europa.eu/ ou sur ce site : http://www.ich.org/home.html . De temps en temps réunion avec une firme pour donner des conseils sur leur développement, ou des réunions plus formelles avec d’autres évaluateurs dans d’autres agences car lors de procédures Européennes nous travaillons en collaboration avec un autre pays.  

De mon expérience je retiens :

  • Nous avons un super diplôme ! nous connaissons de manière générale plus de choses qu’on ne croit ! cela nous aide à mettre le pied à l’étrier dans de nombreux domaines : comment avoir son labo aux normes, principes d’un ELISA, western blot, etc, principes des GMP (https://en.wikipedia.org/wiki/Good_manufacturing_practice qui ressemblent fort aux principes HACCP), validation des équipements, mais aussi bien sûr, traduction des signes de toxicités chez les animaux en signes à surveiller chez l’humain, pharmacologie, pharmacocinétique, biomarkers des toxicités hépatiques, rénales etc. 
  • Il faut rester humble surtout quand on se retrouve à gérer des gens plus expérimentés. Ne pas hésiter à aller voir comment se passent les choses sur le terrain, dans les zones de production, dans les labos, à aller poser des questions. 
  • Même si le boulot en question n’est pas optimal on apprend toujours des choses qui peuvent servir par la suite.
  • Une très bonne connaissance de l’anglais dans le pharma c’est un must. Je veux dire qu’on est plus vite accepté dans l’industrie pharmaceutique quand on parle très bien l’anglais même si on n’a aucune expérience…
  • Je pense qu’il est très important de se remettre régulièrement en question : est-ce que je veux faire ceci toute ma vie, qu’est-ce que j’aime dans mon boulot actuel, qu’est-ce que je voudrais faire, comment y arriver.

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